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Le
diagnostic de la migraine
La douleur migraineuse est périodique.
Elle évolue par crises et, entre ces dernières,
le migraineux ne présente aucune différence.
- En principe, les migraines ne sont ressenties que d'un côté de la
tête ("hémicrânie") mais la douleur bilatérale peut aussi être observée.
- Elles sont en principe sévères, mais pas toujours.
- Elles sont le plus souvent associées au manque d'appétit, à des nausées
ou à des vomissements, mais il existe des exceptions.
- Elles s'accompagnent par ailleurs de troubles
neurovégétatifs
de la perception, de l'humeur, mais sont loin
d'être variables. Il existe des antécédents familiaux
de migraines chez 70% des personnes qui en souffrent, mais leur absence
n'annule pas un diagnostic.
Migraine
sans aura (migraine
commune)
Accès répétés (au moins 4 par mois)
de céphalées durant entre 4 et 72 heures, caractérisées par au moins deux
des points suivants :
- Unilatéralité (touchant la moitié du crâne)
- Pulsatilité (battant au rythme du coeur), intensité
modérée ou grave
- Aggravation par l'activité physique
accompagnées d'au moins une des manifestations suivantes
:
- Nausées ou vomissements (ou les deux)
- Intolérance à la lumière et ou bruit
- Absence de signes d'affection sous-jacente
Migraine
avec aura (migraine classique)
- Céphalée similaire à celle de la migraine "commune",
précédée ou accompagnée parfois d'aura comportant des symptômes visuels
ou sensoriels transitoires.
Facteurs déclenchant
:
Ces derniers sont de différents types :
- En premier lieu, les situations de stress, puis
les périodes de récupération ( le relachement de la tension physique
et morale peut déclencher une migraine)
- La fatigue, l'excès ou le manque de sommeil.
- L'ingestion d'une quantité excessive de caféine
ou le manque de caféine.
- La menstruation, l'ovulation, la prise de contraceptifs
oraux.
- L'ingestion d'alcool, d'aliments contenant de
la
tyramine
(fromages), de la phényléthymamine (chocolat), des dérivés nitrés
(certains types de bacon, de salami) ou du glutamate de sodium (aliments
asiatiques).
- Les conditions climatiques caractérisées par
une baisse de la pression atmosphérique.
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Plusieurs théories se sont succédées pour expliquer le
mécanisme de la crise de migraine :
La théorie vasculaire
La vasoconstriction
des vaisseaux intra-cérébraux fait souffrir le cerveau. Celui-ci donne
alors un ordre de vasodilatation des artères extra-crâniennes, d'où la
céphalée. C'est ce que l'on appelle la théorie de "l'orage vasculaire"
de la migraine.
La théorie sérotoninergique
La sérotonine joue
un rôle capital dans la crise de migraine. En effet, les accès migraineux
s'accompagnent d'une baisse de ce neurotransmetteur largement répandu
dans l'organisme, notamment dans les plaquettes sanguines et qui a, entre
autres, un rôle anti-douleur.
La migraine provient de vaisseaux extracrâniens distendus, devenus siège
d'une inflammation stérile (c'est-à-dire non microbienne).
En effet, distendus, ils deviennent "poreux" et laissent passer dans les
cellules qui les entourent des molécules qui provoquent la douleur, telles
que l'histamine ou les kinines.
La théorie trigémino-vasculaire
Selon une théorie récente, lorsque le système trigéminal
(nerf trigumeau) est activé, il y a sécrétion d'une
substance P (PAIN) pour les transmissions centrales et périphériques.
Elle est unilatérale ce qui est spécifique de la céphalée
migraineuse.
Les terminaisons du trijumeau vont vers le réseau vasculaire du cerveau,
et la substance P qui est libérée au voisinage du vaisseau sanguin cause
la dilatation et l'inflammation du vaisseau. Ces modifications vasculaires
stimulent à leur tour tous les filets nerveux allant vers le trijumeau,
provoquant un influx douloureux qui, lorsqu'il atteint le tronc cérébral,
entraîne la céphalée.
Un cercle vicieux est ainsi créé, ce qui explique
la ténacité de la douleur migraineuse.
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Toute céphalée n'est pas migraine. Cette dernière
ne représente en effet que 15 % des maux de tête chroniques. Si
l'hypothèse d'une tumeur cérébrale inquiète toujours ceux et celles qui
souffrent, son pourcentage est infime (- de 1 %) et ne justifie pas la
multiplication d'examens complémentaires, notamment le scanner.
Trois questions sont pourtant bien souvent suffisantes pour donner la
solution d'une céphalée : Depuis quand ? Où ? Comment ?
Classification
des céphalées selon leur origine et leur fréquence
Trois grands
groupes de céphalées sont isolables.
Par ordre de
fréquence, les céphalées :
Psychologiques
:
-
Dépressives
- Anxieuses
- De tension
- Post-traumatiques
Vasculaires
:
- Migraines (10 %)
- Algies vasculaires de la face
- Artérielles (par maladie d'origine générale)
- Veineuses (ou effort).
Locales
:
-
Cervicalgies
- Névralgies
- Atteintes des yeux, des
dents, des sinus, du nez ou des oreilles
- Atteintes neurologiques
cérébrales : tumeurs, malformations vasculaires...
(- de 1 %).
Le médecin cherche à préciser
les éléments suivants :
- Le mode d'installation
des céphalées (brutal ou progressif)
- Le profil évolutif (crises
aigües ou continues)
- Les facteurs déclenchant
(changements de position, efforts, médicaments, aliments, règles)
- Les facteurs calmants la
céphalée (repos, antalgiques, position allongée) et son horaire (matinale
ou soir)
- Les signes d'accompagnement
(vomissements, gêne à la lumière, fourmillements, signes visuels, vue
dédoublée)
- Les principaux antécédents
(hypertension artérielle, prise de médicaments, antécédents traumatiques,
migraines familiales)
- La présence de signes
infectieux
- Le profil psychologique
(syndrome dépressif).
Voyons tout d'abord ce qui peut aider à la classification
d'une céphalée vers une des origines principales : psychologique, vasculaire
ou locale.
- Ce qui va nous orienter vers une céphalée psychique,
ce seront des problèmes psychologiques sérieux, tels qu'un état dépressif,
des conflits familiaux, conjugaux ou professionnels, un état de stress
ressenti en permanence. De plus, la douleur ne cède ici qu'avec le sommeil,
et sa localisation est généralisée à l'ensemble du crâne.
- Les signes positifs en faveur d'une céphalée
vasculaire sont au nombre de quatre : localisation fréquemment unilatérale
des douleurs, survenue par poussées précédées de signes annonciateurs,
antécédents familiaux de céphalées ou d'affections vasculaires et troubles
du sommeil.
- Dans une céphalée de cause locale, signes pathologiques
à l'examen clinique (du cou, des yeux, des dents...), bilan complémentaire
révélant des anomalies, tout cela plaide en faveur d'une origine organique
loco-régionale des céphalées. Elles sont concentrées sur une région
particulière du crâne et de la face.
Névralgie du trijumeau
Très reconnaissable, c'est une décharge électrique atrocement douloureuse,
bien que ne durant que quelques secondes, dans une partie (front, maxillaire)
d'une moitié de la face. Elle se répète au moindre effleurement d'une
zone très précise appelée "zone gâchette". Elle entraîne à chaque fois
une violente contraction involontaire des muscles d'une moitié du visage
(ce qui donne son surnom à cette affection : le tic douloureux de la face.
Céphalées dites "des spécialistes"
Il s'agit là des maux de tête causés par une affection des yeux,
des sinus ou des dents.
Cause ophtalmique
(myopie, presbytie, trouble de convergence).
La douleur est peu vive, en barre frontale, elle apparaît le soir, à la
lecture ou au travail prolongé, et disparaît au repos.
Cause dentaire
La douleur
est plus vive, localisée, souvent responsable d'insomnie, elle s'accentue
à l'ingestion de boissons chaudes ou très froides.
Sinusite aigüe
Fulgurante comme les deux précédentes, la douleur
est ici très intense, touchant le front et les maxillaires, exacerbée
par la toux, les efforts, la position penchée en avant. Elle est ressentie
dès le matin, en barre lancinante, parfois calmée par un écoulement nasal
purulent.
Cervicalgies
(Définition)
La douleur survient par poussées paroxystiques, favorisées par les changements
de temps et l'humidité, entrecoupées de rémissions. Elle est vive, en étau,
irradiant de la nuque vers le dessus du crâne, parfois accompagnée de vertiges.
Céphalée
d'origine médicamenteuse (COM)
Très fréquente, elle est liée
à une prise trop régulière d'antalgiques ou d'antimigraineux.
Le corps s'y habitue et se produisent des phénomènes d'accoutumance
et de dépendance aux médicaments.
Céphalées
qui nécessitent une consultation en urgence
Les céphalées sont un motif de consultation
fréquent en médecine générale et en neurologie. Elles recouvrent des affections
très variables et l'interrogatoire du médecin, étape fondamentale, doit
s'attacher à éliminer cinq urgences : l'hypertension intra-crânienne,
le syndrome méningé, les céphalées fébriles, la maladie de Horton et le
glaucome aigu.
Hypertension
intra-crânienne
Elle est évoquée devant l'existence
de céphalées progressives, allant crescendo, devenant rebelles aux antalgiques,
déclenchées par un changement de position, réveillant le malade au petit
matin, accompagnées de vomissements en jets calmants les céphalées. Il
faut faire un scanner cérébral.
Syndrome
méningé
Les céphalées
sont intenses, en casque, accompagnées de photophobie
et de vomissements. L'examen, qui doit inclure la prise de température,
retrouve une raideur du cou et impose la ponction lombaire. La discussion
diagnostique se fait sur les données du LCR
(liquide céphalo-rachidien), après un scanner cérébral.
Céphalées
fébriles
Elles constituent
une urgence et imposent la pratique d'une ponction lombaire, de préférence
après le scanner cérébral afin d'éliminer la présence d'un abcès
et/ou une méningite.
Maladie
de Horton
Chez le
sujet âgé, l'existence de céphalées associées à des troubles généraux
peut faire suspecter une maladie de Horton, surtout si la vitesse de sédimentation
est élevée. Compte tenu du risque de cécité, une biopsie
de l'artère temporal doit être réalisée rapidement et le traitement repose
sur un traitement par corticoïdes urgent qui sera poursuivi plus d'un
an.
Glaucome
aigu
C'est une autre grande
urgence. La douleur est ici unilatérale, mais centrée sur l'oeil, qui est
rouge et très dur. Elle est extrêmement forte, brutale, et s'aggrave très
vite avec une nette baisse de la vision, souvent associée à des vomissements.
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Près de huit
millions de Français sont migraineux dont plus de cinq millions sont des
femmes, soit les deux tiers. Vie féminine et migraine vont donc souvent
de pair.
Migraine et
vie hormonale
Chez la femme,
il existe indiscutablement des relations très étroites entre la migraine
et la vie hormonale. Les migrainologues cherchent donc depuis longtemps
à mieux comprendre les accès migraineux se rattachant à certaines périodes
clés de cette vie hormonale : puberté, cycle menstruel, grossesse, ménopause
et post-ménopause.
Voyons tout d'abord
schématiquement comment cette relation s'établit au cours de la vie d'une
femme.
Souvent précédée pendant l'enfance d'équivalents trompeurs, la maladie
migraineuse se dévoile en fait au début de l'adolescence : la puberté
est la période d'apparition des premiers vrais accès migraineux.
Les migraines vont alors prendre un rythme menstruel, survenant
soit pendant la période des règles (on parle alors de migraines cataméniales),
soit lors de l'ovulation, soit de façon irrégulière, mais d'intensité
et de sévérité plus grandes à ces moments hormonaux "privilégiés" du cycle
féminin.
A l'âge adulte, si la femme migraineuse tombe enceinte, une disparition
des migraines se produit pendant sa grossesse dans près de 80 % des cas;
mais, hélas, les crises reprennent après l'accouchement.
Enfin, la ménopause, bien que précédée fréquemment d'une aggravation
temporaire de la maladie, apporte en général un répit durable, voire une
amélioration définitive.
La pilule chez
la femme migraineuse
Contraception et migraine font-elles
bon ménage ?
Pilule et migraine peuvent faire bon ménage ; pilule et tabac, jamais.
Y a-t-il des pilules contraceptives plus recommandées que
d'autres aux femmes migraineuses ?
D'une façon générale, les mini-pilules conviennent
bien. Mais chaque femme peut avoir des tolérances et des intolérances individuelles
à telle ou telle marque de pilule. Il n'en reste pas moins que la migraine
féminine ne doit en aucun cas être soignée par un traitement hormonal "à
l'aveugle" sans l'avis d'un gynécologue.
Ainsi que le soulignait le grand migrainologue anglais L. W. Lance,
"Le seul traitement hormonal d'une efficacité certaine... est la grossesse."
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